Stéphanie

Sportive de l'extrême, exploratrice et coureuse d'ultra fond

37 ans , Carcassone

Le sport c’est apprendre à persévérer et c’est aussi l’audace. Après mes conférences, des personnes viennent parfois me voir en pleurs pour me dire qu’elles vont maintenant oser aller au bout de leurs objectifs.

Je suis née à Carcassonne et j’ai grandi dans la banlieue de Toulouse, dans un milieu modeste avec beaucoup d’amour. J’étais une enfant vive qui aimait le sport et qui était déjà déterminée. J’étais toujours dehors, je faisais beaucoup de roller et mon rêve c’était voyager et découvrir le monde. Je me suis progressivement donnée les clés pour atteindre cet objectif.

Mon plus grand défi ? Parcourir 2045 km en ski dans l’Antarctique en tractant un traineau pour rejoindre le Pôle Sud !

J’ai travaillé d’abord comme une acharnée, un peu comme une sportive de haut niveau, pour entrer dans une grande école à Paris. Ca me semblait le bon moyen d’apprendre à monter des projets, à travailler avec une équipe et les bons partenaires. Puis je suis devenue avocate d’affaires dans des cabinets français et internationaux, tout en m’entraînant. L’évolution vers le sport de haut niveau et le sport performance s’est faite progressivement. Je partais en Bretagne faire des tractions de pneus sur le sable et, quand je ne courrais pas sur de longues distances, je passais beaucoup de week-ends dans le Vercors à faire du ski en tirant des traineaux.

Je ne saurais pas l’expliquer mais j’ai toujours été attirée par le froid. Quand j’étais plus jeune, je suivais le parcours d’aventuriers comme Nicolas Vannier et Jean Louis Etienne (qui a atteint le pôle nord en 1986 et traversé l’Antarctique avec des chiens de traîneau en 1994). Et j’ai commencé à participer à des expéditions en Norvège, au Groenland et au Pôle Nord. Mon plus grand défi ? Parcourir 2045 km en ski dans l’Antarctique en tractant un traîneau pour rejoindre le Pôle Sud ! L’aventure a duré 74 jours pendant l’hiver 2014, avec des températures allant jusqu’à – 50°. Je savais que je prenais énormément de risques, il fallait toujours être en mouvement pour éviter les gelures et l’hypothermie. J’ai eu parfois très peur mais je suis restée déterminée et j’ai atteint mon but, donc une grande joie pour moi et mon équipe. Mais l’aventure m’a aussi marquée physiquement puisque je ne pesais plus que 39 kilos à mon arrivée.

Oui, j’aime l’idée de dépassement de soi. Ca explique aussi mon goût pour l’ultrafond, qui consiste à parcourir la plus grande distance possible en 24h. J’ai couru 240 km lors des derniers championnats du monde. Et même chose pour l’ultra trail où l’on court le plus vite possible sur de grandes distances dans la nature. Pour vous donner une idée, j’ai couru cette année les 177 km du Raid du Morbihan en 20 heures et 46 minutes.

J’ai écrit des livres sur ces aventures et je donne aujourd’hui des conférences dans les écoles, mais aussi en entreprise. Ca me fait plaisir de voir à quelle point mon expérience du sport de haut niveau et ma détermination semblent motiver les gens qui viennent me voir. Certaines personnes sont parfois en pleurs, elles me disent qu’elles oseront maintenant se battre pour atteindre leurs objectifs. Si on prend mon exemple, quand je suis partie en Antarctique, tout le monde me disait que c’était impossible pour une femme, mais moi je me disais: “si un homme a pu le faire, alors un être humain en est capable et je le ferai si j’ai envie de le faire”. Je pense que c’est important de pouvoir partager cette conviction et cette détermination, notamment auprès de femmes qui ont parfois des peurs liées à ce que l’on considère comme la norme. Si vous ne parlez que des aventuriers, grands et forts, vous ne savez pas que c’est possible aussi pour une femme. Donc c’est important que je puisse en parler et si ça peut aider, j’en suis ravie.

Le podcast de Stéphanie Gicquel

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