Côté judo

Engagement

Ian Boucher
17 ans, 2e dan, Sélectionné aux championnats du monde cadets de jujitsu

Mon entraîneur a vu en moi ce que les autres ne voyaient pas

Avec son visage clair, son air posé, un esprit de sérieux manifeste, il ressemble à l’élève idéal. Il est tombé dans le judo petit, fils d’un père et d’une mère ceinture noire et frère de deux sœurs (sur les trois) elles aussi pratiquantes. Il n’avait pas vraiment le choix. Mais, à désormais dix-sept ans, en terminale S au Lycée Branly de Nogent-sur-Marne, ce futur ingénieur a su faire de cette aventure familiale une véritable destinée personnelle, forgée par le plaisir jamais démenti de faire du judo pendant toutes ses années au JKC Nogent avec les potes, mais aussi par une relation forte avec ses professeurs, Alain Vidal, Frédéric Roualen et surtout Stephen Roulin, le mentor, celui « qui voyait en moi ce que les autres ne voyaient pas » comme il le dit joliment.

Quatre entraînements par semaine, un peu de piano, le jeune homme sait ce qu’il doit au sport qu’il adore, dont il a le sentiment sincère qu’il a « fait de lui ce qu’il est ».

Peut-être à cause des aphorismes de Stephen, le « quand c’est beau, c’est efficace », qui lui a ouvert l’esprit comme un coup de sabre, et l’immortel « tout ce qui monte redescend ». Mais plus encore par les expériences partagées. Il lui doit aussi, vers quatorze ans, la découverte du jujitsu, pratiqué d’abord pour retrouver les fondamentaux traditionnels du combat, avant de se prendre au jeu de la compétition en « fighting system » et de découvrir qu’il était doué. « Stephen m’avait suggéré le jujitsu pour retrouver les ramassements de jambe, entre autres, qui nous manquaient dans l’évolution actuelle. Au départ c’était un complément, mais j’étais souple et j’ai rapidement été à l’aise avec la partie pieds-poings. Avant, le jujitsu était un aspect du judo. Désormais j’ai l’impression inverse. C’est le judo qui est devenu un aspect du jujitsu. » De quoi l’envoyer aux championnats du monde cadets ! « J’ai gagné un combat, mais j’ai aussi senti que le niveau requis était au-dessus. » Prendre cette carrière naissante en main en repartant à zéro en juniors ? Peut-être.

Mais ses études l’attendent. « Je dois me concentrer un peu et, en même temps, je n’ai pas envie de sacrifier le plus important pour moi : mes amis et les entraînement que j’aime à Nogent. » La sagesse, chez un junior première année…

Dans la hiérarchie de Ian Boucher, il y a le club en premier, dont il est d’ailleurs devenu membre du comité directeur. « Je voyais les autres s’engager, un anesthésiste, un policier… j’ai voulu montrer que les jeunes aussi peuvent s’investir. » Sa carrière sportive, il y reviendra peut-être en seniors, quand il aura plus de temps. Il se voit bien enseigner aussi, comme Kader, ingénieur SNCF et prof bénévole à l’ESBM avec lequel il en a parlé. Il a commencé à prendre en charge des échauffements, à montrer un peu de technique aux ceintures de couleur. Ian Boucher a l’avenir devant lui. Un avenir de judoka, d’une façon ou d’une autre.

Rédaction par la revue L’Esprit du Judo

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