Côté judo

Ambitions de jeunesse

Nys Chadburn
14 ans, collégien en classe de 4e, Les Ours Judo Club, Grisolles (Tarn-et-Garonne)

Ce qui me plaît ? Apprendre un nouveau mouvement et le travailler jusqu’à pouvoir l’utiliser en compétition

Ce n’est pas son physique qui impressionne. « Il est petit, encore léger, c’est un gosse qui passe inaperçu », concède son entraîneur Patrick Ferrara. Son attitude alors ? Non plus. « Il est modeste, réservé, presque timide », confie son père, Gilles. Pourtant, du haut de ses 14 ans, Nys Chadburn en jette.

Jeune talent prometteur, il a remporté la première coupe de France minimes (-42 kg) en 2016. Avant de remettre ça un an plus tard dans la catégorie supérieure, enchaînant les boîtes jusqu’au titre. Son professeur aux Ours de Grisolles ne tarit pas d’éloges : « Il a un truc en plus, et qui est très rare à son âge, c’est qu’il est aussi fort au sol que debout ».

Et si Nys dispose d’une technique au-dessus du lot, tout n’est pas que talent. Contrairement à beaucoup de garçons de son âge, il ne va pas à l’entraînement pour retrouver les copains : ce n’est pas l’ambiance de groupe qui l’attire, lui le réservé. Non, son obsession, c’est la maîtrise technique. « Ce qui me plaît, c’est d’apprendre un nouveau mouvement à l’entraînement et de le travailler jusqu’à pouvoir l’utiliser en compétition », explique le jeune garçon, hésitant. Une timidité qui cache un féroce appétit de victoires. « J’ai envie d’aller au-dessus des France, lâche l’adolescent. Ce n’est pas qu’un rêve, c’est un objectif. » Une ambition partagée par un papa poule qui couve son bambin et nourrit ses ambitions.

À l’origine de ce parcours qui le conduira peut-être vers les sommets dont il rêve, un grand frère. De quoi donner envie à Nys d’enfiler son premier judogi à quatre ans. « Le judo ne m’a pas plu tout de suite », glisse d’ailleurs l’adolescent. Un euphémisme, alors que le gamin est soutenu par ce père omniprésent, Gilles, qui reconnaît volontiers son rôle auprès de son fils : « Je suis toujours là au bord du tatami ». Lui ne compte plus les trajets en voiture entre la maison et le dojo de Grisolles, et ceux, deux fois par semaine, jusqu’au pôle de Toulouse, ni les kilomètres parcourus pour suivre son petit prodige en compétition.

L’envie et l’engagement de ce duo père-fils, ce rêve de haut niveau auquel ils s’accrochent et au nom duquel ils se donnent tant, sont peut-être à chercher dans un quotidien peu évident. Parents divorcés, milieu modeste, le judo est aussi une porte de sortie pour Nys, souffle un dirigeant de son club. « On essaie de l’aider un peu, complète Patrick Ferrara. On lui a donné deux kimonos, on s’occupe de tout pour lui et son père quand on va en compétition. »


Si les premiers pas en cadets ont été plus difficiles, c’est le temps de digérer un changement de catégorie où sa jeunesse (il est né en décembre) et son déficit de poids l’empêchent encore de pleinement s’exprimer. Son entourage en est persuadé, on le retrouvera très vite en haut des podiums.

Rédaction par la revue l’Esprit du Judo

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