Côté foot

Quand le foot devient solidaire

Le football est bien plus qu’un simple sport. C’est aussi un monde d’entraide et de solidarité. Ces trois histoires montrent une nouvelle fois que le foot amateur aime véhiculer ces valeurs humaines.

« Gradins », au secours du monde amateurBretagne / Finistère

Si la crise sanitaire actuelle n’a pas épargné les finances des clubs de football professionnels, celles du monde amateur sont elles aussi au plus bas. Si ce n’est plus. Dans le but de venir en aide à ces petits clubs, une enseigne brestoise de vêtements de sport, « Kermasport », a eu une idée originale. « Nous avons décidé de lancer des tickets à gratter dont une partie des bénéfices servira à soutenir le foot amateur finistérien par des dotations à des clubs en difficulté. Cela pourra se faire par du don de matériel ou des équipements, selon les besoins », explique Martial Goarnisson, responsable de la communication de l’événement. « Le monde amateur n’a pu avoir ses tournois, ses lotos et ses recettes habituelles de billetterie et de buvette qui leur permettent de survivre. La reprise est donc délicate pour eux, il fallait trouver un moyen de les épauler. » Les tickets, vendus au prix de 2 euros au sein du magasin Kermasport ainsi qu’au bar Le Penalty, à Brest, mettent en avant une figure du monde amateur local avant chaque match à domicile du Stade Brestois et lors des trois derbies bretons à l’extérieur : Lorient, Rennes et Nantes. Pour le premier numéro lancé début septembre, 3 000 tickets ont été édités sur lesquels figurent Steven Abiven, joueur de Bourg-Blanc, en R2. Si des places sont à gagner pour aller voir évoluer le SB29 au stade Francis-Le Blé, des maillots du club évoluant en Ligue 1, des ballons, des tee-shirts et des goodies qui évolueront tout au long de la saison font également partie des lots. Accessoires du moment, les masques ne devraient pas tarder à arriver.

Une boutique solidaire à l’IS Selongey FootBourgogne-Franche-Comté / Côte d’Or

C’est une initiative insolite qu’a pris le club de football d’IS Selongey, en Côte-d’Or, pour pallier à ses difficultés financières dues à la crise du coronavirus. Depuis le 5 septembre, il a ainsi décidé d’ouvrir une « boutique solidaire » dans un supermarché de la ville pour y vendre des maillots, shorts et vestes de survêtement à l’effigie du club.  « C’est une idée que j’ai eue il y a quelques mois », indique Sébastien Riso, le responsable administratif et financier de l’IS Selongey. « Nous avons un partenariat depuis longtemps avec l’Intermarché d’Is-sur-Tille et son patron m’a tout de suite dit oui quand je lui ai parlé de ce projet. » Si le club, dont l’équipe fanion évolue en National 3 chez les hommes et en Régional 1 chez les dames (la troisième division), a bien une boutique en ligne à l’année, elle est beaucoup moins visible. « C’est difficile de faire décoller les ventes sur internet. On a du mal à toucher le grand public. Nous nous sommes donc dit qu’exposer nos produits dans un grand supermarché changerait les choses. » Et ça marche ! Dès le premier week-end, 40 pièces ont été vendues pour 1 000 euros de chiffre d’affaires. Au dernier pointage, 61 pièces avaient déjà été achetées par le public pour un total de 1 700 euros. À titre de comparaison, le chiffre d’affaires de la boutique en ligne du club était inférieur à 4 000 euros sur toute la saison dernière. « C’est une nouvelle manière pour nous d’aller chercher des recettes dans cette période difficile. D’autant qu’Intermarché ne prend ni commission, ni marge sur nos produits », souligne Sébastien Riso. Si ce sont les survêtements pour les jeunes qui ont le plus la cote auprès du public, l’IS Selongey réfléchit actuellement à se diversifier et commercialiser des produits dérivés tels que des casquettes ou bonnets aux couleurs du club.

FFM La Romaine, un club au fémininBourgogne-Franche-Comté / Haute-Saône

En juin dernier, le club du FFM La Romaine, en Haute-Saône, recevait le « Grand prix des lauréats 2020 » dans la catégorie mixité et diversité des trophées Philippe Seguin du Fondaction du Football. Une première dans l’histoire de ce petit club dont l’équipe fanion évolue en D3. « C’est une formidable récompense pour tout le travail accompli au quotidien, et ce, depuis plusieurs années par nos équipes », indique Bertrand Normand, le président du club. Si La Romaine s’est vue décerner ce prix et les 5 000 euros qui vont avec, ce n’est sûrement pas par hasard. C’est un juste retour des choses après le lancement de son projet de développement du foot féminin en 2017. Promu, il y a trois ans, à la tête d’un club en train de mourir tout doucement (il ne comptait que 70 licenciés), Bertrand Normand décide alors de changer radicalement les choses. « On a voulu un peu plus dynamiser tout ça et faire grandir la structure, explique-t-il. On a ainsi décidé de présenter un projet avec la création d’une école de football féminine. » De trois filles licenciées il y a trois ans, la section féminine en compte 54 aujourd’hui. « On a encore eu cette année des nouvelles joueuses avec la création d’une équipe U8, en plus de nos U11, U13 et de celles qui évoluent avec les U15 garçons.» Mais le phénomène ne s’arrête pas là. « Des mamans qui avaient l’habitude d’aller voir leurs filles jouer ont elles aussi eu envie de créer une équipe. Elles sont dix-neuf seniors filles aujourd’hui et s’entraînent deux fois par semaine. C’est une vraie aventure humaine », sourit le président, fier de voir la réputation de son club grandir année après année.

Rédaction par la revue Vestiaires

00:00 00:00