Côté foot

Humanité et solidarité

À une époque où la considération accordée aux individus est corrélée au profit qu’on entend en retirer, les valeurs défendues par des franges entières de la société prouvent que la solidarité a encore de beaux jours devant elle. La preuve au travers de ces trois histoires simples et cependant révélatrices.

Pour une vision humaniste et éducative de la pratiqueBretagne / Côtes-d’Armor

Là où les bénévoles et licenciés donnent de leur… sang !Grand Est / Bas-Rhin

Des licenciés au secours des personnes âgéesBretagne / Finistère

« Ma conviction profonde est que le bien vivre et la lutte contre la discrimination dans les quartiers passent par des associations comme les nôtres ». Les propos, signés Guy Le Coz, président de l’AS Ginglin-Cesson, attestent de la fonction d’inclusion du sport en général et du rôle de son club dans la vie de la cité en particulier : « Lorsque les jeunes sont corrects et prêts à s’investir, il nous arrive de les aider pour trouver des stages ou bien des jobs d’été, voire de les accompagner dans leurs démarches pour l’accession au logement ou l’obtention de leurs permis de conduire. » Le dirigeant, ex directeur adjoint des services sociaux du Conseil Général, défend une vision humaniste et éducative de la pratique au sein de son association. Notamment auprès des jeunes présentant des parcours de vie difficiles. À l’image de l’aide éducative et administrative apportée aux plus jeunes migrants trop souvent résumés aux seules trois lettres de leurs acronymes : les MNA (Mineurs Non Accompagnés) : « C’est vrai, nous avons développé une certaine expertise de ce type d’accompagnement en nous rapprochant du Ministère de la Cohésion sociale et de la direction de l’Emploi. Au final, c’est une authentique satisfaction de participer à l’intégration de ces jeunes. Par ailleurs, sur un plan pratique, ces actions facilitent l’obtention des financements nous permettant de poursuivre la structuration du club » Avant de conclure : « Pour autant, nous demeurons un club de foot à part entière. Simplement, nous pensons que le fait n’est pas incompatible avec les valeurs que nous entendons défendre ! »

Photo : Prince, Mineur Non Accompagné qui s’est révélé avec l’équipe première du club

La solidarité peut prendre bien des formes. L’une d’elle consiste à donner ce que nous possédons de plus commun et cependant de plus précieux : son sang. Une évidence relayée par la présidente de l’AS Olhungen, Muriel Acker (à droite), qui associe régulièrement son club aux actions menées par l’ESF (Établissement Français du Sang). Une initiative prenant une dimension supplémentaire dans ces temps de confinement : « Certains habitués ont préféré s’abstenir du déplacement pour ne pas s’exposer mais, en contrepartie, nous avons eu le grand plaisir de constater l’arrivée de nouveaux donneurs. Parmi nos licenciés notamment. Ce qui prouve bien que la notion de solidarité n’est pas vaine et que ce type de période peut aussi favoriser l’émergence d’une conscience collective. Au final, nous avons pu compter sur la présence de 57 personnes. Cela en fait des vies de sauvées ! » Et Mme la Présidente de pointer le seul regret de cette journée : « En raisons des consignes de sécurité nous n’avons pas eu le loisir de témoigner notre reconnaissance aux donneurs en leur confectionnant nos gâteaux maison. » Gageons que leurs motivations prenaient leurs sources ailleurs. 

Et si les plus grandes manifestations de solidarité et d’entraide lors de cette période de confinement se traduisaient d’abord et avant tout au travers des actes les plus communs du quotidien ? Le crédo est en tout cas défendu par Vincent Richetin (au premier plan) auprès de ses partenaires et amis des Gars du Reun Football de Guipavas dans le Finistère : « J’avais proposé de faire leurs courses à quelques personnes âgées dans mon voisinage afin de leur éviter de s’exposer inutilement. Au bout de quelques jours, les retours de ceux-ci, et leurs remerciements m’ont fait prendre conscience qu’il y avait forcément une demande ailleurs, dans d’autres villages et dans d’autres secteurs. J’ai alors contacté les collègues et, à ma grande surprise, huit d’entre eux ont immédiatement répondu présents. » Tant et si bien que l’initiative concerne désormais plus d’une vingtaine de foyers trop heureux de pouvoir bénéficier des services des licenciés du club pour subvenir à leurs besoins. Une démarche autour de laquelle se renforce les liens entre les acteurs de l’association : « Tout le monde s’est motivé, les actions des uns entraînant la bonne volonté des autres. Dans ces moments, il suffit parfois à son échelle de trouver à faire quelque chose de bien ! » , certainement le moyen le plus sûr et le plus avéré pour changer le monde

Rédaction par la revue Vestiaires

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